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Gaspard Corrette


Disque Messe de Gaspard Corrette


Vous écoutez un extrait du Gloria :
Basse de trompette ou de cromorne




À PROPOS DE GASPARD CORRETTE


Normalement, ce sont les enfants qui doivent se faire un prénom, dans le sillage d'un père qui a pu laisser une empreinte durable et déterminante dansl'histoire. Dans la cas qui nous occupe, Gaspard Corrette est en quelque sorte redevable à son fils Michel (dont la carrière fut éblouissante) d'avoir maintenu le nom de Corrette au Parnasse français...

Fils de Jean Corrette, maître à danser, et né selon toute vraisemblance à Rouen en 1671 (et non à Delft, comme on l'a souvent évoqué), c'est dans cette ville que Gaspard exercera son art jusqu'en 1720, année où il se rend à Paris. Après cela, aucune trace de lui, si ce n'est que son décès est évoqué sur le contrat de mariage de son fils Michel, le 29 décembre 1732.

Rappelons-nous que Rouen, une des grandes capitales de l'orgue, a connu de nombreux organistes de renom Titelouze, chef de file de cette longue et fructueuse tradition de musique d'orgue française, qui y oeuvra quarante-cinq ans; Jacques Boyvin, qui fut témoin à son mariage, plus de trente ans; et François dAgincour, organiste de la cathédrale durant cinquante-deux ans, qui fut sans doute son élève avant de devenir celui de Nicolas Lebègue à Paris...

Comme tant d'autres compositeurs de cette florissante période, Gaspard Corrette ne nous a laissé qu'un seul livre d'orgue une  Messe du 8e ton à l'usage des dames religieuses et utile à ceux qui touchent l'orgue  qu'il fait publier en 1703. Cette messe ne comporte aucune citation de plain-chant, cette fameuse Messe IV pour les fêtes doubles, Cunctipotens Genitor Deus, qu'on retrouve chez de Grigny ou Couperin, par exemple. Il ne faut pas s'en étonner les couvents n'étaient pas soumis à cette directive qui ne concernait que le répertoire destiné aux paroisses... Lorsqu'il compose sa messe, Corrette se souvient de son maître Boyvin. Il reprend avec bonheur et, il faut bien le dire avec une certaine efficacité, des formes qu'il a lui-même utilisées Préludes à deux chœurs, Concert pour les flûtes, Dessus de tierces par accord, Grand dialogue à trois chœurs... S'il semble parfois manquer d'originalité, en particulier par l'usage de marches d'harmonie, force nous est de constater que l'ensemble est plein d'élégance, de fraîcheur et que les œuvres en taille sont extrêmement touchantes. En plus des pièces qui constituent l'ordinaire de la messe, le compositeur nous gratifie ici d'une pièce du propre, pour laquelle il n'y a pas d'alternance le graduel. En fait il nous en propose deux versions, soit un Trio, intégré au déroulement de la messe, et une Basse de trompette ou de cromorne, placée à la fin du recueil, de même qu'une seconde possibilité d'élévation, un Fond d'orgue qu'il offre en alternative au Cromorne en taille... Nous avons enregistré ces deux pièces en fin de programme.

Une des grandes richesses de ce recueil cependant, n'est pas d'ordre musical, mais de nature plus théorique. En effet, Gaspard Corrette nous propose un précieux Meslange des jeux de l'orgue Pour les Pièces Contenues dans ce Livre suivi de Remarques pour le toucher; et pour le caractère de chaque pièce, ainsi qu'une Explication des Agréments. En ce sens il rejoint et complète heureusement les textes que nous ont laissés G.-G. Nivers et N. Lebègue avant lui. Pour le présent enregistrement, j'ai suivi le plus possible les prescriptions de ces notices, tout en recherchant bien entendu le meilleur équilibre sonore, compte tenu de l'instrument et de l'acoustique du lieu. On ne m'en voudra pas de citer quelques exemples préconisés pour le toucher. LE RECIT tendrement et proprement et imiter la Voix le plus qu'il est possihle. LA BASSE DE CROMORNE imite les traits, les Cadences, les Batteries, et les vitesses de la Basse de Violle. LE DIALOGUE se touche fort hardiment; on y fait entrer toutes sortes de mouvements; de la gayeté, et des langueurs...

Le plain-chant utilisé est extrait du Graduale Bisontinum, le Graduel de Besançon, de 1823. S'il peut paraître anachronique en regard de la messe d'orgue, il n'en demeure pas moins d'une grande efficacité et sa simplicité s'accorde en tout point à celle-ci. De plus nous avons cru bon de préparer l'audition des diverses composantes du Sanctus par le chant de la clausule de la Préface.

Un Grand Jeu anonyme du XVIIe siècle, extrait des manuscrits de Ste-Geneviève, conclut cet enregistrement.

Yves-G. Préfontaine

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