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FRANÇOIS COUPERIN (1668-1733)

Ni Mathurin Couperin, à la fin du XVle siècle, ni surtout le premier du nom, recensé en des temps aussi reculés que la fin du XIVe, ne durent se douter que le compositeur français le plus prolifique au clavier serait issu de leur famille, des générations plus tard. C'est en effet en 1688 que devait naître François, que l'on surnommera le Grand pour que la postérité ne le confonde avec son oncle né cinquante-sept ans plus tôt, et qui assurera le lien entre Lully et Rameau dans la musique française baroque. Son éducation musicale, il la reçut de son père d'abord puis, à la mort de celui-ci, de Jacques Thomelin, organiste de St-Jacques-de-la-Boucherie. Après un intérim assumé par De Lalande, il succédera à son père à la tribune de Avant-gardiste (poste qu'il devait conserver pour ainsi dire jusqu'à la fin de sa vie), puis, à la recommandation de Louis XIV, il sera nommé organiste de la cour, succédant ainsi à son maître Thomelin.
Ses œuvres pour orgue, consistant essentiellement en deux messes, l'une destinée à l'usage des paroisses et l'autre à l'usage des couvents, De Lalande les considérait comme « fort belles et dignes d'être données au public ». Composées alors qu'il n'avait que vingt-et-un ans, ces œuvres siègent au sommet de la littérature du genre, à côté de l’œuvre de De Grigny qui paraîtra quelques années plus tard. Dans leur élaboration, Couperin s'en tient aux prescriptions du « Cérémonial des églises de Paris » de 1662, ce qui ne l'empêche pas de démontrer sa sensibilité et ses remarquables qualités de mélodiste (récits et œuvres « en Taille »), sa science du contrepoint (plain-chant, fugues, duos et trios), sa hardiesse et son humour (basses et dialogues), sa grandiloquence et son sens de la forme (offertoires).
Claveciniste, Couperin, à la cour, aura pour élèves princes et princesses, ducs et comtes; sa renommée ne cessera de croître, confirmée par ses titre de noblesse et distinction prestigieuse. Au fil des années, il compose de nombreuses pièces qui révèlent, plus que chez tout autre, une connaissance intime et totale de l’instrument auquel il confiera près de deux-cent-cinquante pages. Pourtant, Couperin serait mort en 1712, c'est à dire à quarante-quatre ans, que nous n'en n'aurions à peu près rien su ! Assez étonnamment, ce n'est qu'à l'âge de quarante-cinq ans qu'il accepte de publier ce qu'il a écrit jusque-là. Et sans doute pour une raison de respect de l’œuvre, plus que pour des considérations mercantiles. Plusieurs de ses œuvres circulaient volontiers plus ou moins librement, transcrites par des élèves ou des amateurs, et leur auteur, assez tatillon sur la façon de les interpréter (on n'a qu'à lire la préface du troisième Livre ... ), supportait sans doute assez mal certaines versions auxquelles le hasard le confrontait parfois. Le chef de file des compositeurs français du début du XVIIIe siècle, ordinaire de la musique de la chambre du roi pour le clavecin devait réagir !
Trois autres Livres devaient succéder à celui de 1713, respectivement en 1716-1717, 1722 et 1730. Entre le premier et le second, François Couperin le pédagogue se manifeste, et pour réagir tant à l'accueil qu'à la façon qu'on avait de jouer ses pièces, et pour donner des conseils aux futurs interprètes. Dans l'Art de toucher le clavecin, l'auteur nous informe dès le départ que ces principes sont absolument nécessaires pour parvenir à bien exécuter ses pièces.
Le choix sur lequel je me suis arrêté aurait pu être tout autre. Naturellement. Cependant, pour montrer le visage réel, le plus complet de Couperin, il y a certain types d’œuvres qui s'imposaient presque d'eux-même. Mis à part les Baricades, il n'est aucune œuvre qui soit très connue. Il m'apparaissait important d'inclure dans ce choix un des huit préludes de l' Art de toucher le clavecin. Le style luthé ou brisé, dans lequel très peu de notes vibrent simultanément, fleuron de la musique française de clavecin où Couperin excellait, méritait également une place de choix. Les quatre danses de base de la suite baroque trouvent une illustration dans le cinquième Ordre. Des diverses formes que l'on retrouve dans les quatre recueils, il n'y a que la chaconne et la passacaille que je n'aie pas abordé. Je m'en serais voulu de ne pas retenir Couperin, peint par Couperin ni ces merveilleuses Idées heureuses, dont le compositeur tient la partition sur cette célèbre gravure de Flipart qui le représente dans toute sa belle contenance ...
Yves-G. Préfontaine



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